Ça fait parti ou partie : exemple concret pour mémoriser la bonne forme

L’expression « ça fait partie » s’écrit avec un -e final, et c’est la seule forme correcte. La confusion avec « parti » (sans -e) reste l’une des erreurs les plus fréquentes en français écrit, y compris dans des contextes où elle peut coûter cher : copies d’examen, courriers professionnels, documents juridiques.

Pour comprendre pourquoi ce -e ne disparaît jamais, il faut remonter au mot lui-même et à ce qu’il désigne. Ce n’est pas une question de conjugaison, mais de genre grammatical.

Pourquoi « partie » prend un -e dans « faire partie »

Le mot « partie » dans cette expression est un nom féminin qui désigne une portion d’un ensemble. On fait partie d’un groupe comme on constitue un morceau d’un tout. Ce nom féminin impose le -e final, quel que soit le sujet de la phrase.

La confusion naît d’un homonyme : « parti », nom masculin, qui désigne soit un groupe politique (le parti socialiste), soit le participe passé du verbe « partir » (il est parti). Les deux se prononcent de la même façon, mais leur orthographe et leur sens n’ont rien en commun.

Quand on écrit « ça fait parti », on mélange deux mots distincts. Le verbe « faire » ne se conjugue pas avec le participe passé de « partir ». L’expression figée repose sur le nom féminin « partie », et ce nom ne perd jamais son -e.

Enseignant devant un tableau noir avec la phrase 'ça fait partie' écrite à la craie, dans une salle de classe française

Astuce concrète pour ne plus hésiter entre parti et partie

Remplacez mentalement « partie » par un autre nom féminin dans la phrase. Si « portion » fonctionne, alors « partie » prend un -e.

  • « Ça fait portion du programme » – la phrase est bancale mais le genre est clair : féminin, donc « partie » avec -e.
  • « Elle fait portion de l’équipe » – même logique, le féminin s’impose.
  • « Il est portion à 8 heures » – la phrase n’a aucun sens, ce qui confirme qu’ici on utilise « parti », participe passé de « partir », sans -e.

Ce test par substitution fonctionne dans tous les cas. Il permet de distinguer en une seconde le nom féminin (partie) du participe passé masculin (parti).

Expressions courantes : quand écrire parti sans -e

Le mot « parti » sans -e existe bel et bien, mais dans des contextes précis qui n’ont rien à voir avec « faire partie ». Voici les cas où le -e disparaît.

Le participe passé de « partir » : « Il est parti tôt ce matin. » Ici, « parti » s’accorde avec le sujet masculin singulier. Avec un sujet féminin, on retrouve le -e : « Elle est partie. »

L’expression « prendre parti » signifie soutenir un camp, choisir un côté. Le mot « parti » y désigne une décision, un choix – c’est un nom masculin. Selon un article de Ça m’intéresse, la distinction entre « prendre parti » et « prendre à partie » est particulièrement problématique dans les contextes juridiques.

« Prendre à partie » signifie attaquer ou accuser quelqu’un, et « partie » y renvoie à la personne engagée dans un procès, un nom féminin avec -e.

Le nom « un parti » au sens politique : « Ce parti a remporté les élections. » Masculin, pas de -e.

Tableau récapitulatif

Expression Orthographe Explication
Faire partie de partie (avec -e) Nom féminin : portion d’un ensemble
Il est parti parti (sans -e) Participe passé de « partir », sujet masculin
Prendre parti parti (sans -e) Nom masculin : choix, décision
Prendre à partie partie (avec -e) Nom féminin : personne dans un litige
Un parti politique parti (sans -e) Nom masculin : organisation politique

L’enjeu orthographique dans les copies et les écrits professionnels

Cette erreur n’est pas anecdotique. Depuis la session 2026 du baccalauréat, une copie jugée « incompréhensible à la lecture » doit recevoir une note inférieure à la moyenne. Les fautes récurrentes sur des expressions courantes comme « faire partie » participent à cette impression d’approximation générale.

Dans un contexte professionnel, écrire « faire parti » dans un courriel ou un rapport signale une maîtrise fragile de la langue. L’erreur porte sur un mot parmi les plus utilisés du français courant, ce qui la rend d’autant plus visible.

Les programmes scolaires de français en 5e consacrent du temps aux accords dans la phrase, avec des objectifs comme « accorder les mots dans la phrase et savoir expliquer ses choix ». Les erreurs sur parti/partie relèvent de cette catégorie d’apprentissage, ce qui montre que la difficulté est identifiée tôt dans le parcours scolaire.

Conjugaison du verbe « faire » dans l’expression faire partie

L’expression « faire partie » se conjugue normalement à tous les temps. Seul le verbe « faire » change de forme. Le mot « partie » reste invariable dans cette locution.

  • Présent : « Je fais partie », « nous faisons partie », « ils font partie ».
  • Passé composé : « J’ai fait partie de cette association pendant trois ans. » Le participe passé « fait » suivi de l’infinitif ou du nom ne s’accorde pas ici.
  • Futur : « Elle fera partie du jury. »
  • Conditionnel : « Il ferait partie des candidats retenus. »

Le mot « partie » ne change jamais dans cette expression, quel que soit le temps, le mode ou le sujet. C’est un point d’ancrage fiable : dans « faire partie de », le -e est permanent.

La prochaine fois que l’hésitation surgit, le test de substitution par « portion » tranche la question en une seconde. Si la phrase parle d’appartenance à un groupe ou à un ensemble, c’est toujours « partie » avec un -e.

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